4 juin 1915

Chère Epouse

Excuse-moi si je ne t’ai pas écrit ces jours-ci, j’attendais d’avoir des renseignements que je n’ai pas encore. Les uns disent qu’on a droit au retard les autres disent que non. Ce que je sais que je m’adresserais quelque part que je le saurais juste. Quand à l’allocation tu y a droit on ne peut pas te la refuser. Ta lettre du 31 m’a fait beaucoup de plaisir ce qui me contente surtout c’est de voir que quoique toute seule avec maman tu te débrouilles très bien.

Je crois que Mr Magrin fera son possible. S’il ne le fait pas cela m’étonnerais. Si tu le reçois tu lui donneras le bonjour de ma part et c’est avec joie que j’ai appris la naissance de cette fillette.

Tu pourras trouver des gens qui critiqueront comme tu touche l’allocation dans cela tu peux leur répondre qu’étant mobilisé et au front c’est ton droit et qu’ensuite on le rend pas tous les impots que nous payons ou que nous avons payé que nous serons imposé pour payer toutes ces allocations qu’il est plus que juste que nous tiriemes nous n’en tirerons pas tant comme nous serons obligé d’en payer.

Gabriel Paillasse m’a écrit ces jours ci nous disant qu’il m’a écrite deux lettres que je n’ai pas reçues.

Hier j’ai reçu une lettre de Joseph il est en bonne santé et me dit que la guerre sera longue d’ailleurs c’est mon avis.

J’ai reçu une carte lettre de Pomié Germain le plus jeune du Mas de Marcot me disant qu’il est au front depuis le mois de Mars il n’a pas l’air de trouver le métier trop rude vu qu’il avait été réformé à l’arrière généralement ceux qui n’ont pas fait de service souffrent pour s’adapter au métier car tu peux croire qu’il faut avoir le caractère bien fait pour laisser passer beaucoup de choses avec indifférence.
Aujourd’hui que j’entende gueuler qu’on me parle de la prison que j’entende balle obus chafranels tout me laisse froid et indifférent. Une chose me touche c’est tes lettres qui me font toujours verser une larme. Quelquefois aussi nos aumoniers dans leur sermon du soir car cela leur est permis de toucher les cœurs si durs soient ils. Mon camarde a été touché en passant sur une tranchée en terrain découvert.  Il est mort le lendemain de sa blessure. Quel bel homme et quel bon caractère après en avoir tant vu ensembles il m’a quitté pour un monde meilleur faut l’espérer

Je ne peux pas me l’enlever de la tête j’en ai vu d’autres mais jamais cela ne m’a frappé comme celui là. Quand à moi tu peux croire que je suis prudent et que si je suis touché ce ne sera pas de ma faute.

Nous retournons en réserve pour six jours faut espérer qu’ils seront comme l’a été le mois de Mai pas malheureux.

Ne m’envoie pas de colis nous mangeons mieux maintenant que par le passé. Il y a bien de quoi manger. Tu donneras le bonjour à tous les parents et amis sans oublier Mr Delmas, Amédée Plagnolles et Germainou commence t’il à parler. Elinou est il sage. Fais le prier pour moi. Pour le vin à Bratières faites comme vous voudrez. Tu peux bien le lui donner, vendre bien entendu.

La vache Caillale est elle pleine de combien l’est elle. Reçois et recevez mes meilleurs baisers de celui qui pense toujours à vous.

Ton époux.

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A propos histoiresnousici

Passionnée des vieux papiers et de généalogie, d'histoire et d'archéologie,de spéléologie,et curieuse de pleins d'autres choses ...
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