19 mai 1915

Chère Epouse

Chère Maman Chers Enfants

Hier j’ai reçu ta lettre du 14 ainsi que ton colis en bon état mais ne m’envoie plus de viande car s’il était resté quelque jours de plus il se serait moisi il n’avait encore rien mais les bords de la perdrie commencaient un peu. Voici pour ton allocation. Je me suis renseigné et tu as droit à la toucher.

Tu as droit en plus à un rappel c’est-à-dire qu’on doit te payer depuis mon départ ce qui te ferait dans les six à sept cent cinquante qu’on devrait te donner.

Mais ne réclame en commençant que ton indemnité du mois. Tu me dis que beaucoup de fermiers sont obligés d’aller à Villefranche à la Sous-Préfecture. Dis à Amédée qu’avec Mr Delmas ils s’en occupent des démarches qu’il y a faire. Quand à moi je ne sais pas les pièces qu’il te faut mais eux te le diront. On fera une enquête sûrement. Tu répondras ceci Mon Mari est parti de puis le début il a laissé tout le travail à faire. Nous avons les propriétés mais nos terres sont en friches ou mal cultivées que mangerons nous l’an prochain. Quel revenu en tirerons nous cette année ci. On te dira que vous avez de l’argent. Tu peux leur répondre que nous n’en avons guère que nous l’avons dépensé et que le peu qui nous reste on ne paye pas les intérêts. La …….. qui s’en occupe il en prendrait pour son compte.

(En marge : Quand tu verras qu’on donne droit à ta demande tu demanderas les mois passés. Tout le monde puise à la bourse commune comment toi tu ne le ferais pas)

Que sans l’allocation vous ne pouvez pas vivre. Si Monsieur Delmas allai à Villefranche il t’en pourrait parler au sous-préfet. Fais valoir aussi que vous n’avez aucun soulier dans la maison que vous n’êtes que des femmes, maman agé et toi ayant à ta charge les enfants que d’autres femmes de Foissac ayant eu la même .. que toi touchent et qu’en plus elles ont le beau-père en pleine santé. Il faut t’en occuper tu dois réussir et ce n’est pas à dédaigner d’ailleurs je fais mon devoir comme les autres j’ai les mêmes droits.

La guerre pouvant finir d’un jour à l’autre pousse au plus vite. Si jamais on ne voulait pas s’en occuper écris le moi de suite je saurais le faire marcher et ce n’est pas après neuf mois de guerre avoir tant souffert qu’on viendra me mettre des bâtons dans les roues. Je t’affirme qu’ici je suis très discipliné mais quand à mon droit je l’ai toujours voulu et toujours eu.

Tu me diras de suite la réponse à ta demande.

Nous sommes au repos pour encore quatre ou cinq jours et on nous laisse tranquille nous revenons en réserve dans une grange pendant six jours pour retourner encore au repos pour autre six. Le mois de Mai pourrait très bien se passer pourvu qu’il n’y est rien de nouveau. Ma santé est très bonne. Recevez mes Chers Aimés mes meilleurs baisers. Ton époux.

(En marge : Si jamais je venais à être tué ou mourir de maladie ou disparu qu’on ne sache pas ou je suis passé car jamais on ne sait ce qui peut arriver tu as droit à cinq cent et quelque de pension.)

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A propos histoiresnousici

Passionnée des vieux papiers et de généalogie, d'histoire et d'archéologie,de spéléologie,et curieuse de pleins d'autres choses ...
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