14 janvier 1915

Chère Epouse

Me voici de retour au front depuis hier matin 13. J’ai reçu ta lettre avant de partir de Chaumont avant de partir je t’avais répondu à celle du 4 et aujourd’hui je réponds à celle du 6 qui est presque la même que celle du 4. Pour la veste ne me l’envoie pas, peut être ici un camarade me donnera la sienne S’il me la fallait je t’enverrai une depeche. J’ai trouvé du changement en arrivant, dans ce combat il y a eu morts et blessés. Cela fait de la peine quand on demande que fait untel on me réponds mort et un tel blessé et un tel mort.

Remercions la Divine Providence qui m’est épargné cet assaut prions toujours et ayaons bon espoir. J’ai trouvé mes camarades au repos et nous y sommes pour deux jours encore puis il faudra entendre les coups de canon mais cela ne me fait pas de la peine je les ai deja entendu et ce n’est qu’une affaire d’habitude. Je serais en fort bonne santé et j’ai bon courage. Dans deux lettres tu me demande mon conseil pour donner ton sautoir je t’ai repondu chaque fois, libre à toi d’en disposer à ta guise. Peut être je retrouverai mes colis mais ce n’est pas sur. A Chaumont on m’a donné un bon calecon j’ai acheté de la teinture d’iode on m’a donné aussi une chemise des gants des chaussettes un passe-montagne

Comme linge il ne me manque rien. En attendant que je trouve mes colis s’il fait froid je mettrai deux chemise j’en ai trois. Et j’ai tout propre à l’hôpital on m’avait tout lavé. Je t’ai souvent demandé des nouvelles d’Edmond R. tu ne m’en as jamais rien dit. Dis moi si à Foissac nous avons des morts à la frontière. Je trouve fort surprenant qu’à Foissac nous n’ayons pas de pertes [à cette date 7 pertes étaient déjà totalisées sur la commune]. Peut être tu as peur de me faire de la peine. Mais que veux tu aujourd’hui tu peux tout me dire j’ai vu et entendu et je m’attends à tout et rien ne me surprendra. En arrivant j’ai trouvé M. en bonne santé ainsi que R. qui se porte bien.

 Je t’avertis Chère Epouse qu’aujourd’hui on ne songe qu’a se tirer de par là et des fois on est évacué comme je l’ai été et on n’est pas gravement malade et que pour ça il ne faudra pas vous faire de mauvais sang je te parlerai toujours franchement comme je l’ai fait par le passé. Si jamais j’étais évacué de nouveau je t’envoie une depeche afin que tu viennes me voir. Les parents ou la femme ne payent que quart de place. C’est avec plaisir que dans tes lettres je vois que Germain se porte très bien je tiendrai beaucoup à le voir mais hélas A mon retour il me semble voir Eli avec lui venir m’attendre. Je finirais par faire comme dit la chanson Enfants où avez-vous votre Papa. Faut espérer que ça ne durera pas si longtemps.

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Passionnée des vieux papiers et de généalogie, d'histoire et d'archéologie,de spéléologie,et curieuse de pleins d'autres choses ...
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