En quête de mon sosa 1000

A la lecture des différents billets publiés ces derniers jours, chacun à sa manière, en quête d’identification de son sosa 1000, je me prends à mon tour au jeu.

Donc si je suis la consigne très bien présentée par Maiwen Bourdic pour retrouver mon sosa 1000, “tout droit à droite sur 5 génération, tournez à gauche, prenez la suivante à droite, puis à gauche de nouveau sur 3 générations” cela donne ceci :

– d’abord tout droit à droite sur 5 générations : soit sosa 1 ( moi ), puis sosa 2 (ma maman), sosa 7 (ma grand mère maternelle Marie Cantaloube, que j’ai toujours appelé Philomène née en 1932), sosa 15 (mon arrière grand mère Scholastique Brugidou, décédée lorsque ma grand mère n’était qu’une jeune enfant et dont je ne sais finalement que peu de choses si ce n’est des dates! née en 1903), sosa 31 (Philomène Calmels)

– Ensuite on tourne donc à gauche soit sosa 62 Pierre Louis Calmels né en 1839, décédé en janvier 1914 : il était cultivateur à Villeneuve d’Aveyron, au Mas d’Arnal. Père de 4 enfants, ces trois fils sont Morts pour la France en 14-18,

– la suivante à droite : sosa 125, Marie Jeanne Lasfargues (1806-1839), cultivatrice (alors que les femmes sont bien souvent déclarées “sans profession” à cette période !), épouse Pierre Calmels en 1832 à Montsalès (12). Elle décède le 25 décembre 1839, soit 5 jours après la naissance de son fils unique …

– puis à gauche de nouveau sur 3 générations, à savoir : sosa 250, Louis Lasfargues (1756 – 1829) époux de Marie Lombregot avec qui il aura deux enfants avec 13 ans de différence d’âge ; ensuite sosa 500 Louis Lasfargues, père du précèdent, fils du fameux sosa 1000, dit “fils de famille” lors de son mariage en 1743, puis travailleur puis laboureur et charron lors de la naissance de ses enfants, décédé en 1787 à Montsalès (12), né vers 1707 vers Saujac (12). Il aura, avec Marie Bonnet son épouse, 8 enfants .

ARRIVEE = SOSA 1000.

et mon fameux sosa 1000 se prénomme … Pierre Lafargues, et voilà c’est tout ce que je sais. Un peu déçue ! mais du coup l’occasion m’est offerte de me replonger dans cette branche délaissée.

Merci à tous ceux qui m’ont permis de me lancer dans cette petite enquête, à travers la découverte des sosas 1000 des uns et des autres.

Et maintenant au travail …

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Dombasle en Argonne, Marne

28 janvier

Chère Epouse

Chère Maman, Chers Enfants

A l’instant je viens de recevoir ta lettre du 15 janvier qui m’a fait beaucoup de plaisir. Nous sommes arrivés dans la nuit venant des tranchées. Cette fois ci j’étais bien tombé on avait une bonne guitoune bien couverte et séche nous y faisions un feu terrible. Nous faisons comme disait le pauvre papa nous coupons les arbres à 50 centimètres un mètre de terre enfin un talus commode.

Tu me dis chère épouse que tu trouves le temps long qu’il y aura bientôt six mois que nous ne nous sommes pas vu je comprends très bien que tu languis de me voir, moi aussi il me tarde de vous revoir mais nous ne sommes pas encore prêt. Si la Providence Divine laisse aller les choses telles quelles sont il y en a pour longtemps. Mais faut espérer que grace au prières qui se font dans la France entière Dieu se laissera toucher et qu’enfin il accordera la paix et un repos bien gagné. Dans une de mes lettres écrite de Chaumont je te disais où nous étions il y avait même un morceau de journal.

tu me diras si tu l’as reçue. Odilon m’a écrit hier sa lettre était parti le 10 je vois qu’encore il n’a pas vu le feu ni la souffrance et n’a envisagé son voyage que comme touriste il n’a pas encore tout vu. Il me dit que dans les plaines de la Belgique ils ont de l’eau et que tout le soulier s’enfonce dans la boue. Ici c’est pareil en certains endroits ça monte même au dessus du soulier. Aussi comme terre on a quelque chose dessus.

Pour les pous je n’en ai pas j’ai tout mon linge propre mais on peut en attraper car on couche dans des granges où depuis quatre mois il y a des soldats qui y couchent et il y en a qui commencent à avoir de ce bétail pas cher mais ennuyeux.

Tu me dis Chère Epouse d’avoir bon courage pour ça je ne me suis jamais découragé grace à la Providence Divine et à la Ste Vierge et je puis te dire que j’ai bonne confiance. Mais aussi si ce n’était pas l’espoir en Dieu que deviendrions nous.

Avant de partir de Neufchâteau j’ai été me confesser à un aumonier militaire ayant une barbe jusqu’à la ceinture. Tu aurais rigolé. L’Eglise c’estait rempli de fidèles venus aux prières qui se font …

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14 janvier 1915

Chère Epouse

Me voici de retour au front depuis hier matin 13. J’ai reçu ta lettre avant de partir de Chaumont avant de partir je t’avais répondu à celle du 4 et aujourd’hui je réponds à celle du 6 qui est presque la même que celle du 4. Pour la veste ne me l’envoie pas, peut être ici un camarade me donnera la sienne S’il me la fallait je t’enverrai une depeche. J’ai trouvé du changement en arrivant, dans ce combat il y a eu morts et blessés. Cela fait de la peine quand on demande que fait untel on me réponds mort et un tel blessé et un tel mort.

Remercions la Divine Providence qui m’est épargné cet assaut prions toujours et ayaons bon espoir. J’ai trouvé mes camarades au repos et nous y sommes pour deux jours encore puis il faudra entendre les coups de canon mais cela ne me fait pas de la peine je les ai deja entendu et ce n’est qu’une affaire d’habitude. Je serais en fort bonne santé et j’ai bon courage. Dans deux lettres tu me demande mon conseil pour donner ton sautoir je t’ai repondu chaque fois, libre à toi d’en disposer à ta guise. Peut être je retrouverai mes colis mais ce n’est pas sur. A Chaumont on m’a donné un bon calecon j’ai acheté de la teinture d’iode on m’a donné aussi une chemise des gants des chaussettes un passe-montagne

Comme linge il ne me manque rien. En attendant que je trouve mes colis s’il fait froid je mettrai deux chemise j’en ai trois. Et j’ai tout propre à l’hôpital on m’avait tout lavé. Je t’ai souvent demandé des nouvelles d’Edmond R. tu ne m’en as jamais rien dit. Dis moi si à Foissac nous avons des morts à la frontière. Je trouve fort surprenant qu’à Foissac nous n’ayons pas de pertes [à cette date 7 pertes étaient déjà totalisées sur la commune]. Peut être tu as peur de me faire de la peine. Mais que veux tu aujourd’hui tu peux tout me dire j’ai vu et entendu et je m’attends à tout et rien ne me surprendra. En arrivant j’ai trouvé M. en bonne santé ainsi que R. qui se porte bien.

 Je t’avertis Chère Epouse qu’aujourd’hui on ne songe qu’a se tirer de par là et des fois on est évacué comme je l’ai été et on n’est pas gravement malade et que pour ça il ne faudra pas vous faire de mauvais sang je te parlerai toujours franchement comme je l’ai fait par le passé. Si jamais j’étais évacué de nouveau je t’envoie une depeche afin que tu viennes me voir. Les parents ou la femme ne payent que quart de place. C’est avec plaisir que dans tes lettres je vois que Germain se porte très bien je tiendrai beaucoup à le voir mais hélas A mon retour il me semble voir Eli avec lui venir m’attendre. Je finirais par faire comme dit la chanson Enfants où avez-vous votre Papa. Faut espérer que ça ne durera pas si longtemps.

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Neufchâteau 29 Décembre 1914

Chère Epouse

Je pars demain pour Chaumon et quelques jours après je vais revoir mes camarades. Ma santé est complétement rétabli je ne tousse plus et ne te fais aucun soussi à mon sujet. Dans l’attaque qui a eu lieu le lieutenant de ma compagnie a été tué, je ne sais pas d’autre résultat j’ai eu des lettres de toi hier d’après ce qu’on m’a dit à l’hôpital mais elles sont allées à la caserne et je ne les aurai que demain car je suis en ville. Pour l’intérêt de l’indo-chine je ne peux pas te donner ma résidence on n’en a pas aujourd’hui au cantonnement demain dans les forêts ensuite dans les tranchées face aux allemands. Mais une fois que je pourrais te donner une adresse fixe tu m’enverras un modèle de procuration. Si la signature du Colonel suffisait au lieu de la résidence je l’aurais.

Chère Epouse en lisant ta première lettre faut te dire que j’ai pleuré en voyant ton dévouement pour moi. Tu me parles de donner ton sautoir à Notre Dame de la Capellette pour mon retour. Mais que tu ne veux pas le faire sans mon consentement.  Ce geste est trop noble et me fait beaucoup de plaisir car cela me prouve tout ton attachement pour moi et toute ton affection. Je n’ai rien à te dire je te l’ai offert le jour de notre mariage il ne m’appartient plus à toi d’en disposer à ta fantaisie.

Mais je ne peux pas te cacher que je serais très content de retourner et quoique ce soit en soit digne d’… de mourir sur un champ de bataille pour sa patrie. C’est triste de mourir loin des siens et quoique on retourne vivant au pays cela n’empêche pas d’avoir fait son devoir.

Tu me dis que je dois avoir souffert dans les tranchées. Détrompe toi c’est une affaire d’habitude à ce sujet tant que j’étais à l’hôpital il est arrivé un malade qui était au front depuis le commencement depuis il ne s’était pas déshabillé qu’est-ce qu’il fait pour aller au lit il enlève juste sa capote et ses souliers sur son pantalon il y avait un doigt de terre figure-toi si la sœur lorsqu’elle la eu dans les draps si blancs à été contente. Le type a à répondu qu’il n’avait pas fait attention si on se déshabillait. Tu me dis que je dois être méconnaissable que je dois avoir maigri. Je l’ai bien fait un peu mais pas tant que ça. Ce qu’il y à qu Auguste me disait que je deviendrais comme lui mais si la guerre dure je pourrais acheter une ceinture pour tenir mes culottes. Je me suis fait raser aujourd’hui et sais-tu que maintenant je suis réellement beau si tu ne veux pas le croire vien le voir mais j’en avais besoin

Tu me disais qu’Odilon avait des amis qui le tenaient à Rodez ça m’étonne qu’ils l’aient laissé partir en Belgique. Pour Joseph je lui ai écrit deux fois et n’ai rien reçu de lui. Quand à Abel il m’a écrit une carte mais ne m’as pas donné son adresse. Je te remercie des l’adresses que tu m’as donné de R. Charles le vétérinaire de mon régiment est un ami à lui ils ont fait leurs classes à Toulouse ensemble et c’est autant pour lui que pour moi qu’il  me fallait son adresse.

Ne t’attende pas à avoir de lettres de moi de quelques jours car je ne sais pas si je serais libre de pouvoir t’écrire mais je t’écrirai toujours avant d’aller au feu.

Je te quitte Chère Epouse en t’embrassant de tout cœur ainsi que maman et les enfants et suis très content que germainou profite beaucoup. Adieu encore une fois j’ai rendez-vous à l’église car avant de retourner au feu je veux faire la lessive.

Envoie toujours les lettres à l’hopital jusqu’à nouvel ordre.

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J.M.J. Foissac 28 desc. 1914

Mon bien cher époux

Aujourd’hui 28 je reçois deux lettres de toi du 19 du 21 et une carte du 22 manonçant ta sortie de l’hopital Nous sommes très contentes d’apprendre que tu est complétement guéri mais nous alons de nouveau trembler a la vue que bientôt tu reviendras a la ligne de feu. il n’y a pas longtemps j’avais vu que les allem. avaient fait sauter une tranchée Française dans l’Argonne et je ne pouvais me figurer que ce ne soit la tienne cétait vers le 3 desc. ce que j’ai été contente quand le facteur mapporta une lettre alors je repris courage il y avait 9 jours que nous n’avions rien reçu de toi ; nous étions très contrariés

Espérons que la Ste Vierge t’as protégé jusqu’ici et te protégera encore.

Le froid n’est pas finis il avait gelé très fort la veille et le jour de la Noël pour aller a matines le vent glaçait et aujourd’hui lundi le temps c’est adouci et il pleut.

B. est venu aujourd’hui nous faire du bois et avons rentrés une charreté de bois il viendra nous labourer

Nous sommes tous en bonne santé les enfants se portent Eli n’oublie pas que tu lui as promis un sac prussien

Demain nous tuerons les oies Eloa viendra nous aider a les depouiller

On a mis 2000 soldats à Villefranche aussi les vaux le 22 valaient de 20 à 21 Fr les porcs ont augmenté un peu

Dis moi ce que tu as besoin n’hesite pas

Reçois un doux baiser de ton épouse qui ne cesse de penser à toi

je n’ai pas vu passer le facteur aucune nouvelle de toi aujourd’hui 29. Abel vint hier en permission de 24 heures il part pour Toul avec 10 ( ?) h qui ne peuvent pas faire campagne et 2 lieutnants. Odilon est parti vendredi dernier pour la frontière. La famille B. t’envoie leurs meilleurs souvenirs tous les voisins et amis.

Reçois un gros baiser de ta chère épouse qui ne t’oublie pas et fait beaucoup de veux pour ton retour. Adieu.

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