17 octobre 1914

Chère Epouse

Voila quinze jours que je n’ai pas eu de tes nouvelles ta dernière lettre est datée du 18 septembre. Il me tarde beaucoup de savoir de tes nouvelles. Je t’écris souvent aujourd’hui je t’écris deux lettres si une n’arrive pas l’autre le fera peut être.

Ne te fais pas trop de souci les affaires marchent  bien et faut espérer que ce sera bientôt fini

Ma santé va toujours bien et comme vêtements je suis bien habillés et je ne craindrais pas l’hiver. Nous sommes toujours très bien nourris. Comme viande c’est de la première qualité et en quantité très suffisante. Ne m’envoie pas de papier j’en ai trouvé. Donne le bonjour à C. de Pellabiau. Si tu as l’occasion de voir F. de Salvagnac demande lui l’adresse de son fils aîné la compagnie me suffirait. Je me suis rencontré une fois avec son régiment mais je n’ai pas pu le trouver vu que c’était dans la nuit et qu’on était nombreux. Donne lui en même temps un affectueux bonjour.

Ne vous fatiguez pas trop à mon retour on fera un peu plus. Tache d’élever Elinou de ton mieux afin d’en faire un homme sérieux s’il est sage je lui rapporterai un souvenir allemand j’avais une toile de tente allemande je l’ai perdu ainsi qu’une bonne paire de gants que j’ai perdu aussi.

Je trouverais bien quelque chose de plus beau.

Reçois Chère Epouse et vous Chère Maman un gros poutou. Embrasse les enfants pour moi.

G.H. 112ème d’Infante 4ème Compa. Par Toulon Var

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Chroniques de la Grande Guerre en Midi Pyrénées

Chroniques de la Grande Guerre en Midi Pyrénées

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9 Vendredi Octobre 1914

Chère Epouse Chère Mère Chers Enfans

Je t’ai écris lundi 5 mais je n’ai pas eu le temps de faire ma lettre le vaguemestre partant de suite. Tout marche bien et nous avons un temps magnifique souhaitant que le beau temps dure encore. Je voulais te dire que tu me donnes un tas d’adresse mais comme je te le disais le manque de papier m’en empêche de leur écrire. Tu écriras à Abel toi-même à Aurillac et donne-lui le bonjour de ma part je le ferais moi-même le plutot possible. Dis à XXXX Germain de Maut qu’il donne le bonjour à Odilon et qu’il reste ou il est mais il aura de la veine s’il y reste jusqu’à la fin.

Donnes le bonjour à Joseph à Filomène à Anna et à Ste Crois je leur ai écrit à tous et point de réponse et à Caussanels je leur ai écrit ces jours ci. Dans ma lettre e te disais de m’envoyer deux paires de chaussettes et un briquet qu’Alexandre irait me chercher à Labarthe tache de me les envoyer au plutot mais j’en ai encore aujourd’hui je l’ ai lavées mes chaussettes ainsi que ma chemise.

Je me porte toujours bien et ne suis pas fatigué du tout. Nous sommes très bien nourris et nous avons de bon cuisinier j’ai aussi bon appétit. Tous les matins nous avons le café et un demi quart de Rhum pour le pain et la viande qui est magnifique c’est en abondance.

Tachez de faire du bon vin car j’en boirai un verre volontiers je à présent ainsi qu’à mon retour. Donne un affectueux bonjour à Firmin remercie le pour moi de ce qu’il fait pour vous et donnez lui les bœufs quand il voudra je sais qu’il les soigne Rosa sa femme remercie le pour moi du domestique que tu me dis qu’il devait vous envoyer. Tache de ne pas te faire de mauvais sang il faut s’abandonner à la Providence divine.

Recevez un gros baiser de celui qui pense souvent à vous.

112° 4ème Comp de marche

Par Toulon Var

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5 octobre 1914

Chère épouse Chère Mère Chers Enfants

Hier dimanche jour de repos j’ai reçu deux lettres et une carte de toi.

J’ai celle du 4 septembre du 11 sep du 12 du 16 et du 18. Les autres que tu m’as écrites m’arriveront car la poste marche très bien. Dans ta lettre du 18 tu me dis que tu as été émotionnée d’apprendre que j’étais parti. Ne te fais pas de mauvais sang à ce sujet je te reviendrai sain et sauf je me porte à merveille pas même un petit rhume de cerveau mes pieds vont bien aussi et les balles et obus et les scaraphanels m’ont respecté et font beaucoup moins de mal que les notres. Nous n’avons que très peu de morts et de blessés.

Je te remercie de m’avoir fait dire la messe à la Capelette tu peux croire que j’ai confiance en elle. Hier dimanche a été la plus belle journée de ma vie après celle de ma première communion. J’avais été me confesser l’avant-veille croyant partir on a fait la sainte communion à 4 heures et demi du matin puis à 5 heures messe d’action de graces à 8 heures derniere messe dite par l’aumonier militaire avec sermon église comble. A onze heures j’entends une troisième messe. Grand messe solennelle l’eglise quoique grande est archi comble. En toutes les tenues se confondent depuis l’humble troupier jusqu’aux officiers supérieurs de je ne sais combien de régiments. Il aurait fallu avoir le cœur aussi dur que nos obus du 75 pour ne pas verser une larme car pendant toute la messe on a chanté divers cantiques tels que je suis Chrétien Dieu sauve la France etc.

Un credo magnifique qu’un millier de vois ont entonné en cœur au son de l’orgue tenu par un militaire. Notre aumonier nous a fait un sermon très touchant. Nous rappelant tous nos devoirs. La manière que nous devons prier étant militaire les résolutions que nous devrions prendre et conserver une fois rentré au foyer familial. Ah ! nous a-t-il dit pendant que vous combattez avec gloire Vos mères, vos épouses, vos enfants, vos sœurs, vos fiancées sont là bas les unes dans les grands centres les autres dans un humble hameau priant devotement Dieu et la Ste Vierge pour vous, demandant à ce que vous restiez sains et saufs.

Toutes ces personnes s’adressent les unes à Notre Dame de Fourvières les autres à Notre Dame de la Garde à Marseille ou à Notre Dame de Lourdes vous aussi faites de meme et ayez bon espoir vous rentrerez chez vous.

Je te l’ai dit dans d’autres lettres j’ai fait la promesse qu’au plus tot après mon retour j’irais à lourdes et de t’emmener pourvu que les circonstances le permettent. En remerciant Gabriel C., Amédée P., Alexandre, la famille B. ainsi que Elisa et tante Léontine de leurs bons souvenirs ainsi qu’à la famille C. et tous ceux qui demanderont de mes nouvelles. Remercie Mr D. de ma part des consolations qu’il vous donne et dis lui que je regrette de ne pouvoir lui écrire mais il est presque impossible de trouver du papier. Cette feuille c’est Monsieur le curé où nous étions qui me l’a donnée. Dans ma dernière lettre je te disais de m’envoyer deux paires de chaussettes en laine en un petit paquet en recommandé : le facteur t’indiquera comment faire.

 Dis moi à Alexandre d’aller chercher chez Georges à Labarthe lui acheter un briquet avec plusieurs pierres et tu me l’enverras dans les chaussettes. Ca épargne beaucoup d’allumettes en plus c’est la question d’en trouver. Tu le rembourseras.

Question d’argent j’en ai assez ne te fais pas de mauvais sang à ce sujet.

Adieu chère épouse, Reçois un gros poutou de ton époux chéri, un poutou à maman et aussi aux enfants.

 

112 4e Com de marche

Toulon Var

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5 Octobre 1914

Chère Germaine Chère Maman

Je m’attends à recevoir une lettre de toi à la distribution mais je tiens à te dire que je suis toujours en vie et en bonne santé et que tout marche pour le mieux. J’ai écrit à Anna et à Ste Croix avant-hier. Envoie moi toujours un mot le plus souvent possible je comprends très bien que tu n’as pas toujours le temps. Mais a toi cela te fait plaisir de recevoir de mes nouvelles à moi aussi d’en recevoir des vôtres. Tu me disais du veau si je le vendrais moi-même pour cela n’y comptez pas. Soignez le bien mais je vous conseillerai de le garder encore car ils se revendront un jour. S’il doit maigrir vendez. Quand la vache vieille sera pleine de 6 mois et si possible n’attendez pas a ce moment et quelques jours vendez le la mais n’en achetez pas d’autre. Elle doit être pleine du premier juillet environ mais faites à votre idée. Si vous avez de l’argent pour acheter une vache jeune et pleine vous feriez bien de le faire. Plus tard elles seront hors de prix. Parle à Amédée Comment tu dois faire pour les coupons si on les payait tu aurais la quelques sous. Reçois Bien-aimé Epouse un gros poutou ainsi que vous Chère Maman sans oublier le panténou d’Eli et Germainou

Ton Epoux

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